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24 août 2026 2025-06-11 10:38Forum
L'ego dans la finance : cause ou conséquence du métier ?
Citation de Invité le 30 juillet 2026, 10:37Salut à tous,
Je me pose une question, peut-être naïve, mais qui me travaille : pourquoi tant de mépris dans les métiers de la finance ? Que ce soit entre professionnels du secteur, ou envers ceux qui découvrent le métier et posent des questions.
Ce n'est pourtant pas comme si on réinventait la roue : ce sont des métiers somme toute assez classiques, qui ont simplement l'avantage de bien payer.
Alors d'où vient cette attitude ? L'argent ? Le fait de recevoir des dizaines de messages linkedin de jeunes étudiants en quête de conseils ou d'un stage ? Est-ce le milieu qui forge cet ego, ou est-ce l'inverse : on choisit ces métiers parce qu'on a déjà cet ego ?
Curieux d'avoir vos retours, surtout de ceux qui sont dans le secteur depuis longtemps.
Salut à tous,
Je me pose une question, peut-être naïve, mais qui me travaille : pourquoi tant de mépris dans les métiers de la finance ? Que ce soit entre professionnels du secteur, ou envers ceux qui découvrent le métier et posent des questions.
Ce n'est pourtant pas comme si on réinventait la roue : ce sont des métiers somme toute assez classiques, qui ont simplement l'avantage de bien payer.
Alors d'où vient cette attitude ? L'argent ? Le fait de recevoir des dizaines de messages linkedin de jeunes étudiants en quête de conseils ou d'un stage ? Est-ce le milieu qui forge cet ego, ou est-ce l'inverse : on choisit ces métiers parce qu'on a déjà cet ego ?
Curieux d'avoir vos retours, surtout de ceux qui sont dans le secteur depuis longtemps.
Citation de Invité le 30 juillet 2026, 16:24Les gens qui intègrent le M&A ont déjà un biais.
J'avais lu une etude psychologique qui parlait des banquiers comme 'Insecure Overachievers', des gens ambitieux et talentueux mais qui cachent des insécurités internes et manquent de confiance en eux.
C'est ce que j'ai pu constater autour de moi, tous étaient obnubilés par la reconnaissance des pairs et corrélaient leur vision d'eux même à leur école, leur travail, leur entreprise.
Ca commence au début avec l'école qu'ils peuvent atteindre et ça finit avec la banque à laquelle ils peuvent prétendre.
Les gens en finance sont au fond assez misérables.
Les gens qui intègrent le M&A ont déjà un biais.
J'avais lu une etude psychologique qui parlait des banquiers comme 'Insecure Overachievers', des gens ambitieux et talentueux mais qui cachent des insécurités internes et manquent de confiance en eux.
C'est ce que j'ai pu constater autour de moi, tous étaient obnubilés par la reconnaissance des pairs et corrélaient leur vision d'eux même à leur école, leur travail, leur entreprise.
Ca commence au début avec l'école qu'ils peuvent atteindre et ça finit avec la banque à laquelle ils peuvent prétendre.
Les gens en finance sont au fond assez misérables.
Citation de Invité le 5 août 2026, 12:592 raisons principales à mon avis
1. L’environnement et la sélection favorisent les personnes qui savent se vendre avant tout (qu’ils soient intelligents ou pas) - il y a une forte corrélation entre ces personnes et ceux qui ont un fort ego. Généralement ce sont aussi des gens qui méprisent les juniors .
2. Malheureusement les juniors observent ces comportement et les perpétuent
L’argent n’aident pas dans tout ça.
Pour rassurer la personne, je tiens à souligner qu’il existe des banquiers humbles et excellent. Il existe même des équipes qui sont au sommet avec uniquement des banquiers chill. Mais ça reste rare.
2 raisons principales à mon avis
1. L’environnement et la sélection favorisent les personnes qui savent se vendre avant tout (qu’ils soient intelligents ou pas) - il y a une forte corrélation entre ces personnes et ceux qui ont un fort ego. Généralement ce sont aussi des gens qui méprisent les juniors .
2. Malheureusement les juniors observent ces comportement et les perpétuent
L’argent n’aident pas dans tout ça.
Pour rassurer la personne, je tiens à souligner qu’il existe des banquiers humbles et excellent. Il existe même des équipes qui sont au sommet avec uniquement des banquiers chill. Mais ça reste rare.
Citation de Invité le 5 août 2026, 13:05Il y a, selon moi, deux questions distinctes : la perception de la finance dans la société et la question de l’ego.
La finance, en tant qu’outil, n’a pas de valeur morale en soi. Quand on dit « la finance, c’est mal », on critique souvent autre chose : certaines politiques néolibérales, la liberté totale des capitaux ou encore la mise en concurrence de pays ayant des règles sociales, fiscales et réglementaires différentes.
La critique des salaires élevés vient aussi d’une méconnaissance des métiers de la finance et de la manière dont la valeur est créée. Et cette incompréhension existe déjà entre professionnels : mes amis de marché me disent parfois qu’en M&A je suis « payé à risque zéro », parce que je ne porte pas de risque de marché comme un trader ou un vendeur. Mais ils ne voient pas que la valeur, dans notre métier, réside dans la capacité à faire aboutir une transaction.
Ensuite, sur la question de l’ego, toutes les organisations sociales filtrent : l’école, les concours, les universités, les entreprises. Elles sélectionnent selon leurs besoins et leurs critères de performance. En finance, je distingue plutôt deux types de personnes : celles qui ont des idéaux, des projets ou des convictions et utilisent la finance comme un tremplin, et celles qui recherchent avant tout le prestige associé au métier. La seconde catégorie a pas mal d’ego, mais celui qui porte un projet a aussi besoin d’une forme d’ego, au sens de confiance en soi et de volonté d’imposer ses idées. Ainsi, je ne pense pas que la finance crée nécessairement l’ego ; elle agit plutôt comme un révélateur. Les environnements compétitifs et sélectifs rendent simplement plus visibles des traits de personnalité
Il y a, selon moi, deux questions distinctes : la perception de la finance dans la société et la question de l’ego.
La finance, en tant qu’outil, n’a pas de valeur morale en soi. Quand on dit « la finance, c’est mal », on critique souvent autre chose : certaines politiques néolibérales, la liberté totale des capitaux ou encore la mise en concurrence de pays ayant des règles sociales, fiscales et réglementaires différentes.
La critique des salaires élevés vient aussi d’une méconnaissance des métiers de la finance et de la manière dont la valeur est créée. Et cette incompréhension existe déjà entre professionnels : mes amis de marché me disent parfois qu’en M&A je suis « payé à risque zéro », parce que je ne porte pas de risque de marché comme un trader ou un vendeur. Mais ils ne voient pas que la valeur, dans notre métier, réside dans la capacité à faire aboutir une transaction.
Ensuite, sur la question de l’ego, toutes les organisations sociales filtrent : l’école, les concours, les universités, les entreprises. Elles sélectionnent selon leurs besoins et leurs critères de performance. En finance, je distingue plutôt deux types de personnes : celles qui ont des idéaux, des projets ou des convictions et utilisent la finance comme un tremplin, et celles qui recherchent avant tout le prestige associé au métier. La seconde catégorie a pas mal d’ego, mais celui qui porte un projet a aussi besoin d’une forme d’ego, au sens de confiance en soi et de volonté d’imposer ses idées. Ainsi, je ne pense pas que la finance crée nécessairement l’ego ; elle agit plutôt comme un révélateur. Les environnements compétitifs et sélectifs rendent simplement plus visibles des traits de personnalité
Citation de Invité le 5 août 2026, 13:51Perso déjà vu des gens se faire rabaisser et insulter devant tout le monde, tu signales au RH, c'est toi qu'ils virent
Perso déjà vu des gens se faire rabaisser et insulter devant tout le monde, tu signales au RH, c'est toi qu'ils virent
Citation de Invité le 5 août 2026, 13:52En m&a ce qui gonfle beaucoup l’ego c’est l’isolement. Tout le monde gagne bien même l’office manager, et ton cercle social devient rapidement très homogène et centré sur le milieu. Donc ça devient la norme de prendre son G7, ne jamais sortir du 8/17ème et gagner 200-300k. Alors que le radiologue qui bosse en province et gagne 20k net par mois lui ne peut pas être dans sa bulle : il cotoie des gens au smic à l’hosto et doit prendre sa voiture pour aller au boulot comme tout le monde.
En m&a ce qui gonfle beaucoup l’ego c’est l’isolement. Tout le monde gagne bien même l’office manager, et ton cercle social devient rapidement très homogène et centré sur le milieu. Donc ça devient la norme de prendre son G7, ne jamais sortir du 8/17ème et gagner 200-300k. Alors que le radiologue qui bosse en province et gagne 20k net par mois lui ne peut pas être dans sa bulle : il cotoie des gens au smic à l’hosto et doit prendre sa voiture pour aller au boulot comme tout le monde.
Citation de Invité le 5 août 2026, 15:07La manifestation de l’ego est une perte de temps en soi, personne n’aime les gens prétentieux, en premier lieu les gens prétentieux
La manifestation de l’ego est une perte de temps en soi, personne n’aime les gens prétentieux, en premier lieu les gens prétentieux
Citation de Invité le 5 août 2026, 15:11Bonjour (anonyme stp), Personnellement, je ne pense pas que l'ego soit une mauvaise chose en soi. Tout dépend de ce à quoi on le met au service et de la manière dont il s'exprime.
J'ai de la chance d'être mentorée par plusieurs Managing Directors et Partners, anciens eco etc et une chose m'a frappée : les personnes qui arrivent systématiquement au sommet ont certes une grande confiance en elles, mais elles savent aussi se faire apprécier. À mes yeux, on ne peut pas atteindre les plus hautes responsabilités et surtout s'y maintenir si l'on est exécrable avec les autres. Les personnes qui travaillent avec vous doivent avoir envie de vous suivre.
Je me demande donc si ce que certains qualifient d'« ego » n'est pas, en réalité, de l'insécurité.
Il y a d'ailleurs une très belle interview de Jamie Dimon sur ce sujet. Il explique que l'ego n'est pas le problème ; ce qui est dangereux, c'est l'insécurité. Une personne sûre d'elle peut avoir de l'ambition, de la confiance
Il y a d'ailleurs une très belle interview de Jamie Dimon sur ce sujet. Il explique que l'ego n'est pas le problème ; ce qui est dangereux, c'est l'insécurité. Une personne sûre d'elle peut avoir de l'ambition, de la confiance et même un certain ego, tout en restant humble dans ses interactions et capable de manager des équipes à tous les niveaux de l'organisation.
Il suffit d'aller dans les grandes banques d'investissement : beaucoup de Heads, de Partners ou de CEO sont appréciés aussi bien par les équipes de support et les femmes de ménage que par les stagiaires, les analystes ou les dirigeants les plus seniors. Cette capacité à traiter chacun avec respect et à créer des relations de confiance est, selon moi, l'une des raisons pour lesquelles ils restent durablement au sommet.
À l'inverse, une personne en situation d'insécurité a souvent tendance à mettre son ego au service de la méchanceté, de la domination ou du besoin de prouver quelque chose. Or, je pense qu'il est très difficile de durer dans ce métier si l'on n'est pas apprécié. Les compétences techniques sont indispensables, mais elles ne suffisent pas : le leadership repose aussi sur la capacité à donner envie aux autres de travailler avec soi.
En tout cas, c'est vraiment ce qui ressort des nombreuses discussions que j'ai pu avoir avec des Partners, des Managing Directors et les mentors qui m'aident au fil des années. merci !
Bonjour (anonyme stp), Personnellement, je ne pense pas que l'ego soit une mauvaise chose en soi. Tout dépend de ce à quoi on le met au service et de la manière dont il s'exprime.
J'ai de la chance d'être mentorée par plusieurs Managing Directors et Partners, anciens eco etc et une chose m'a frappée : les personnes qui arrivent systématiquement au sommet ont certes une grande confiance en elles, mais elles savent aussi se faire apprécier. À mes yeux, on ne peut pas atteindre les plus hautes responsabilités et surtout s'y maintenir si l'on est exécrable avec les autres. Les personnes qui travaillent avec vous doivent avoir envie de vous suivre.
Je me demande donc si ce que certains qualifient d'« ego » n'est pas, en réalité, de l'insécurité.
Il y a d'ailleurs une très belle interview de Jamie Dimon sur ce sujet. Il explique que l'ego n'est pas le problème ; ce qui est dangereux, c'est l'insécurité. Une personne sûre d'elle peut avoir de l'ambition, de la confiance
Il y a d'ailleurs une très belle interview de Jamie Dimon sur ce sujet. Il explique que l'ego n'est pas le problème ; ce qui est dangereux, c'est l'insécurité. Une personne sûre d'elle peut avoir de l'ambition, de la confiance et même un certain ego, tout en restant humble dans ses interactions et capable de manager des équipes à tous les niveaux de l'organisation.
Il suffit d'aller dans les grandes banques d'investissement : beaucoup de Heads, de Partners ou de CEO sont appréciés aussi bien par les équipes de support et les femmes de ménage que par les stagiaires, les analystes ou les dirigeants les plus seniors. Cette capacité à traiter chacun avec respect et à créer des relations de confiance est, selon moi, l'une des raisons pour lesquelles ils restent durablement au sommet.
À l'inverse, une personne en situation d'insécurité a souvent tendance à mettre son ego au service de la méchanceté, de la domination ou du besoin de prouver quelque chose. Or, je pense qu'il est très difficile de durer dans ce métier si l'on n'est pas apprécié. Les compétences techniques sont indispensables, mais elles ne suffisent pas : le leadership repose aussi sur la capacité à donner envie aux autres de travailler avec soi.
En tout cas, c'est vraiment ce qui ressort des nombreuses discussions que j'ai pu avoir avec des Partners, des Managing Directors et les mentors qui m'aident au fil des années. merci !