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Top Performer #2 | Interview d’un M&A Director en poste dans une entreprise sous LBO à Paris

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Top Performer #2 | Interview d’un M&A Director en poste dans une entreprise sous LBO à Paris

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L’interviewé est Pierre Lourties, actuellement Group M&A Director chez Hygie31.

Entretien exclusif avec un M&A Director actuellement en poste dans une entreprise sous LBO à Paris, et ayant passé plusieurs années en M&A chez Rothschild & Co

Nous adressons nos sincères remerciements à Pierre pour le temps qu’il nous a accordé et pour ses précieux partages, qui ne manqueront pas d’inspirer et d’orienter de nombreux étudiants dans leur parcours professionnel.

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Parcours académique et orientation vers la finance

Pouvez-vous nous parler de votre parcours académique et des choix qui vous ont orienté vers une carrière en finance ? Y a-t-il eu des expériences ou influences spécifiques qui ont façonné cette trajectoire ?

Après une classe prépa dans le sud-ouest de la France (à Tarbes), j’ai intégré le programme grande école de l’EMLYON. Au cours de mon parcours, j’ai eu la chance de réaliser un échange d’un semestre à l’Université Bocconi à Milan, qui a été pour moi l’occasion de suivre des cours en finance, et surtout de rencontrer des étudiants qui avaient réalisé des stages d’été en banque, pour la plupart à Londres.

Ces rencontres m’ont convaincu de l’intérêt de m’orienter vers la finance, et de me préparer, avec leurs conseils, sur les process de summer internship.

Avec le recul, quelles compétences ou apprentissages acquis pendant vos études vous semblent essentiels pour réussir dans des secteurs exigeants comme la banque d’affaires et les fusions-acquisitions en entreprise ?

Au-delà des aspects techniques, qui sont un prérequis indispensable pour débuter et réussir les entretiens, le plus important pour moi a été de me construire un réseau, qui m’a donné des conseils et des recommandations.

Les entretiens sont assez normés (en particulier pour les process de « summer internship »), et il ne suffit pas de réciter ses cours pour les réussir. Il faut s’appuyer sur l’expérience d’autres étudiants, stagiaires, et être curieux, c’est-à-dire poser des questions pour comprendre les codes et construire une histoire crédible, qui démontre la motivation et les raisons pour lesquelles on se projette dans ce métier exigeant.

Début de carrière en banque d’affaires

Vous avez commencé votre carrière en banque d’affaires, évoluant jusqu’au niveau d’Associate avant de faire la transition vers le corporate. Quels ont été les principaux apprentissages durant cette période, et comment avez-vous su vous démarquer dans un environnement aussi compétitif ?

J’ai avant tout appris à travailler en équipe, avec rigueur, et à écouter. Il faut être humble quand on démarre ce métier (et le rester ensuite, d’ailleurs), et écouter pour apprendre.

Vous évoluez avec des profils plus seniors, qui ont également une charge de travail très lourde, il faut donc essayer de faire gagner du temps à toute l’équipe, et penser collectif.

On passe en tant que stagiaire, puis en tant qu’analyste, par des moments de fatigue et de stress. Dans ces moments, si vous êtes une personne humble, qui écoute et cherche à faire son travail avec le plus de rigueur possible, les autres vous aideront et vous pourrez alors vous appuyer sur eux. À titre d’exemple, j’ai travaillé pendant plus de 12 mois sur la fusion entre deux leaders des matériaux de construction, dans l’équipe large cap de Rothschild. Un vrai marathon, et de nombreux week-ends passés à la banque. On a développé une approche collective sur ce dossier, certains collègues banquiers rencontrés pendant cette période sont aujourd’hui devenus de proches amis.

Quels aspects spécifiques de votre expérience en banque d’affaires, notamment chez Rothschild & Co, vous ont le plus préparé pour vos futurs rôles en entreprise ?

La capacité à prioriser, à gérer plusieurs tâches avec efficacité, et sans se disperser. Cela suppose également de savoir faire des reportings courts, précis, et d’avoir un esprit de synthèse. En somme, aller dans le détail quand c’est nécessaire, mais ne pas hésiter à faire un pas de côté et adopter une vue globale sur certains sujets annexes.

Transition vers le corporate et évolution de carrière

Après votre parcours en banque d’affaires, vous avez rejoint le Groupe Buffalo Grill sur des fonctions finance, avant de passer chez Hygie31. Qu’est-ce qui a motivé cette transition vers le LBO, et comment avez-vous ajusté votre approche pour répondre aux attentes de ces nouveaux rôles ?

Après 5 années en banque d’affaires, je souhaitais avoir des fonctions opérationnelles, pour diversifier mes compétences. J’avais également envie d’évoluer dans des structures de taille moyenne, ayant essentiellement travaillé dans le passé pour le compte de grands groupes cotés.

Mon choix s’est porté vers le monde du LBO, pour la proximité que vous construisez avec l’équipe de management, l’alignement sur un projet clair, l’impact que vous pouvez avoir sur l’organisation, et les cycles courts de 4-5 ans qui introduisent un rythme vraiment dynamique.

J’ai évolué sur plusieurs postes et fonctions chez Buffalo Grill, jusqu’à rejoindre le comex du groupe pour m’occuper de sujets touchant au développement, à l’immobilier, à la franchise. J’ai également travaillé sur des opérations capitalistiques, avec des opérations de sale & lease back sur des portefeuilles immobiliers, puis de M&A avec l’acquisition d’une célèbre marque de restauration à thème, la cession d’une filiale en Espagne, et enfin l’acquisition des droits de master franchise d’une marque de restauration rapide.

C’est donc la diversité des missions qui m’a passionné, allant de sujets très financiers, à des sujets très opérationnels comme la construction et la rénovation des restaurants, et la gestion d’une équipe travaux. Il faut dans ces cas-là s’adapter à des experts métiers très seniors, spécialistes de leur domaine – dans la construction ou l’immobilier par exemple – et être capable de vulgariser, de faire un travail de contexte et de mise en perspective lorsque l’on parle à des profils plus financiers dans le cadre d’opérations de M&A.

En rejoignant Hygie31, une entreprise toujours sous LBO, vous êtes aujourd’hui Head of M&A. Quelles différences majeures avez-vous constatées par rapport à votre rôle précèdent ?

Après un cycle de 5 ans pour ce groupe de restauration multimarques, et une expérience de LBO auprès d’un fonds anglo-saxon, je souhaitais évoluer dans un nouveau secteur. J’ai eu l’opportunité de rencontrer un dirigeant passionné dans le secteur de la santé, ayant pour projet de construire un groupe leader en France et en Europe de l’Ouest.

Étant quelqu’un de curieux, la perspective de découvrir un nouveau secteur, aussi stratégique que celui de la santé, m’a vite séduit. J’ai également découvert une équipe et des collègues passionnés, avec une vraie vision entrepreneuriale. J’évolue maintenant depuis 2 ans à leurs côtés, et je me consacre aux sujets de croissance externe (nous faisons entre 2 et 3 opérations par an) et d’intégration de nos filiales.

Rôle actuel et responsabilités chez Hygie31

En tant que Head of M&A chez Hygie31, comment se structure votre journée type, et quelles sont vos responsabilités principales dans ce rôle ? Comment votre expérience passée en banque d’affaires et en corporate a-t-elle contribué à votre réussite actuelle ?

J’ai la chance de ne pas avoir de journée type : le métier que je fais aujourd’hui demande d’avoir une écoute très active (j’évolue au quotidien avec des dirigeants ou des fondateurs qui réfléchissent à céder leur société, ou qui viennent de nous rejoindre) et de s’adapter pour faire réussir ces profils avec nous. Ces dirigeants, fondateurs, ou managers doivent se sentir soutenus. Notre responsabilité est de les mettre dans les meilleures conditions possibles et de faciliter leur quotidien et celui de leurs équipes pour qu’ils puissent créer le plus de valeur possible, et tirer le maximum de bénéfices de nos différentes activités.

Je prends beaucoup de plaisir à cette activité de « facilitateur ». Il faut beaucoup d’humilité car on ne fait jamais « à la place de », d’une part parce qu’on n’a pas les compétences, mais aussi parce qu’on ne veut pas dépositionner les managers.

En complément, je passe une grande partie de mon temps sur l’origination de nos futurs deals et sur leur exécution. Cela demande là encore une écoute active, une capacité à comprendre les attentes de l’autre pour trouver un chemin qui permettra de réaliser l’opération dans les meilleures conditions – en réfléchissant le plus en amont possible à l’intégration. Il faut aussi s’entourer de partenaires et conseils de confiance, qui savent eux-mêmes s’adapter à différents profils de dirigeants. Nous faisons essentiellement des deals primaires. Nous échangeons donc avec des dirigeants qui n’ont pas l’habitude de process organisés, et il faut faire preuve de pédagogie et d’adaptabilité.

Pouvez-vous partager un projet marquant ou une transaction significative que vous avez menée chez Hygie31 ? Quelles leçons ou perspectives importantes en avez-vous tirées, notamment dans le contexte d’une entreprise sous LBO ?

Je partagerai l’expérience de l’intégration d’une société espagnole en 2022. Nous avons repris ce groupement de plus de 130 pharmacies, et travaillons depuis avec le dirigeant et son équipe de management pour déployer un modèle disruptif de pharmacies, visant à donner accès à la santé pour tous à travers des prix bas tous les jours, un large choix et du conseil. Le concept est aujourd’hui un réel succès : les pharmacies connaissent des progressions de chiffre d’affaires largement supérieures au marché et nous allons répliquer cette stratégie dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest.

Disrupter un marché n’est pas simple, en particulier quand vous travaillez dans un nouveau pays – la proximité géographique ne doit pas faire oublier les différences culturelles, l’importance de vous appuyer sur une équipe de management locale, plus experte que vous sur son marché.

Avec la temporalité courte qu’impose un cycle de LBO de 3 ou 4 ans, ce type de projet transformant demande une attention accrue sur l’alignement, en ne sous-estimant jamais les décalages culturels qui peuvent constituer autant de points de friction dans la réussite du projet.

Conseils pour les étudiants et jeunes professionnels

Pour un étudiant ou un jeune professionnel intéressé par une carrière en M&A, quels conseils donneriez-vous pour réussir en banque d’affaires et pour se préparer à une transition vers un rôle corporate, voire dans une entreprise sous LBO ?

L’humain est fondamental ! Préparez vos entretiens si vous êtes étudiants, renforcez vos compétences techniques si vous êtes un jeune professionnel en posant des questions et en passant du temps à observer des profils plus seniors – mais ne négligez pas l’humain. C’est souvent ce facteur qui fera la différence, qui vous aidera à traverser des moments plus compliqués dans votre début de carrière. Dans le rythme du quotidien, l’accélération d’un projet ou le stress d’un deal, on peut être tenté de se renfermer sur soi, de ne plus écouter, de vouloir aller au plus vite. Je pense que c’est un calcul de court terme qui n’est pas forcément stratégique à moyen terme. Construisez votre réseau, entretenez un esprit d’équipe, vous construirez des relations solides, et des appuis qui vous aideront toujours dans les moments difficiles.

Avec votre perspective unique d’avoir évolué dans des environnements aussi variés, quelles compétences ou qualités considérez-vous comme cruciales pour réussir à la fois en banque d’affaires et dans un rôle de direction en entreprise ?

Une capacité d’écoute, et d’adaptabilité à des situations et des profils très variés. C’est ce qui me passionne aujourd’hui dans mon métier, et ce que j’essaye de cultiver en rencontrant de nouvelles personnes, en étant curieux.

Le M&A ouvre de nombreuses (belles) perspectives, je ne peux que vous encourager dans cette voie !

Pour en savoir plus

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